ANTICHAMBRES : Kawamata et Pencréac’h

Parmi les onze artistes de La Littorale #7, Biennale internationale d’art contemporain Anglet-Côte basque, figurent Tadashi Kawamata et Stéphane Pencréac’h. Avant de découvrir leurs œuvres imaginées pour la Biennale et qui seront installées sur le littoral, deux expositions leur sont consacrées : (I) Love Tower pour le premier à La Villa Beatrix Enea et La Suite pour le second à la galerie Georges-Pompidou. « Ce sont en quelque sorte les “Antichambres” des Chambres d’amour, thème de la Biennale », explique le commissaire et critique d’art réputé Richard Leydier, qui ajoute : « Le choix s’est porté sur deux artistes très différents. »

Tadashi Kawamata

Le maître japonais investit les salles de la Villa Beatrix Énéa. Son exposition (I) Love Tower porte sur tous ses projets de tours réalisés à ce jour, incluant la future Love Tower, qui sera érigée au-dessus de la grotte de la Chambre d’amour à l’occasion de la Biennale. L’artiste expose ainsi les dessous de ce projet et revient sur une dizaine de tours plus anciennes qui ont en quelque sorte préfiguré ce nouvel édifice, du haut duquel les couples estivaux pourront admirer le coucher de soleil sur l’atlantique. Sous la forme de maquettes, de bas-reliefs, de plans ou de photographies, les tours de Kawamata se dressent dans l’espace et le temps. Qu’elles s’élèvent à Paris, à Tokyo, en Suisse ou en Allemagne, toutes découlent d’une science à la fois archaïque et savante des lois de la construction. Elles transforment le paysage autant qu’elles apportent un point de vue neuf sur les lieux qui les accueillent, leur topographie, mais aussi leur histoire.

Parcours

Né en 1953, vit à Tokyo et Paris. L’œuvre de Tadashi Kawamata se déploie à la lisière de la sculpture et de l’architecture. Constituées de bois – souvent de récupération –, ses installations semblent au premier abord fragiles, mais elles révèlent une science à la fois instinctive et savante des lois architecturales. Réalisées in situ, elles permettent d’envisager autrement, sur le mode d’une poésie personnelle, un point de vue sur un bâtiment, une ville, un paysage. La plupart du temps praticables, elles constituent, pour le promeneur, un nid, un abri propice à la rêverie et la contemplation.

 

Stéphane Pencréac’h

Les tableaux et sculptures de Stéphane Pencréac’h réunis dans une exposition intitulée la Suite, évoquent pour leur part le sentiment amoureux sous ses formes très diverses, qu’il soit d’ordre sentimental, charnel, ou encore filial. Dans le bel espace octogonal de la Galerie Georges Pompidou, une femme nous observe d’un œil provocant, un homme porte un enfant à bout de bras, un autre corps féminin se révèle de manière fragmentée… Parcourues d’étonnants effets de troisième dimension, les œuvres jouent avec l’espace d’exposition au moyen d’une scénographie qui génère autant de perspectives et de trompe l’œil illusionnistes. La Suite, c’est une chambre d’hôtel fictive où se trame un scénario qu’il nous appartient de reconstituer. La Suite est aussi celle d’une histoire personnelle et sentimentale qu’on peut lire en filigranes…

Parcours

Né en 1970, vit à Paris. Peintre et sculpteur, Stéphane Pencréac’h s’emploie, dans des formats souvent monumentaux, à mettre en scène, sur un mode cathartique, ce qui constitue profondément une condition humaine atemporelle, à savoir des sentiments et concepts aussi partagés que l’amour, le sexe, ou l’angoisse devant l’horizon de la mort. La recherche formelle d’effets de troisième dimension permet au spectateur d’entrer littéralement dans les œuvres et favorise ainsi l’identification au sujet.