Abdul Rahman Katanani

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  • Né en 1983 dans le camp de Sabra (Beyrouth, Liban). Vit et travaille à Beyrouth et Paris.
  • Jardin d’Oliviers, 2016
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Jardin d’Oliviers

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ŒUVRE

L’œuvre qu’Abdul Rahman Katanani présente à Anglet est emblématique du thème de la Biennale, à savoir les tensions actuelles qui animent les rivages. Son Jardin d’Oliviers est un oxymoron de violence et de paix. Plusieurs troncs d’oliviers montés sur des socles blancs, partiellement calcinés, sont entourés de fil de fer barbelé, une pour le moins angoissante floraison mais aussi, paradoxalement, un ferment de beauté. Exposée au début de l’année à l’Espace d’Art de la Terrasse à Nanterre, l’œuvre a voyagé d’une municipalité à l’autre, et se retrouve exposée au sein même du patio de la mairie d’Anglet. Elle témoigne d’une collaboration culturelle précieuse entre deux municipalités attachées l’une comme l’autre aux Droits de l’Homme et à la liberté.

À voir du 17 septembre au 2 novembre 2016.
Le Patio, rue Amédée-Dufourg • 64600 ANGLET
Rencontre avec l’artiste le 17 septembre à 14 h sur site, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine.
Entrée libre.

Partenariat : Villa Beatrix Enea – Centre d’art contemporain Anglet / La Terrasse – Espace d’Art de Nanterre

PARCOURS

Abdul Rahman Katanani utilise des matériaux « pauvres » pour ses sculptures – des matériaux trouvés, de récupération. Ce choix résulte d’un impératif, quand on œuvre dans le contexte qui est le sien : né dans le camp palestinien de Sabra, à Beyrouth, il y vit et il y travaille. Il s’agit, pour l’artiste, d’extraire la joie de l’absurdité même de la vie des camps, et de témoigner de cette joie, de cette résilience. Comme dans Un Merveilleux Malheur, le célèbre livre de Boris Cyrulnik, cette résilience de joie est comprise non comme un acquis mais comme une discipline farouche et un travail constant, sur soi et sur le monde. Selon les propres termes d’Abdul Rahman Katanani, l’occupation commence en nous. Si on ne cherche pas à s’émanciper, on restera enfermé toute notre vie. Créer dans le camp, pour l’artiste, est encore une forme d’évasion, pour lui comme pour les autres, ses proches notamment : « Quand je sors mes œuvres de mon atelier, mes voisins se pressent pour les regarder. C’est mon premier public. Ensuite, j’envoie ces pièces dans les expositions en Europe. Ces œuvres voyagent alors que les gens du camp sont bloqués. »